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Comment faire du compost et quel engrais naturel utiliser ?

14 juillet 2026 · mis à jour le 19 juillet 2026 · par Julien P.

Comment faire du compost et quel engrais naturel utiliser ?

Faire du compost consiste à empiler au même endroit des déchets organiques du jardin et de la cuisine, à alterner les matières humides et azotées avec les matières sèches et carbonées, à garder le tas humide comme une éponge essorée, et à le brasser de temps en temps pour que l’air circule. Au bout de plusieurs mois, la faune du sol et les micro-organismes transforment ce mélange en une matière brune, friable et légère qui sent le sous-bois : c’est le compost mûr, et c’est déjà en soi le meilleur engrais naturel dont dispose un jardinier. Les autres — paillis, engrais verts, cendres de bois, purins végétaux — viennent le compléter plutôt que le remplacer.

Le principe : ce ne sont pas vous qui compostez

Un tas de compost n’est pas une machine, c’est un écosystème. Le jardinier ne fabrique rien : il installe les conditions pour qu’une population de bactéries, de champignons, de vers, de cloportes et de collemboles fasse le travail. Ces organismes découpent, digèrent et recombinent la matière organique jusqu’à ce qu’il ne reste plus que des composés stables, proches de l’humus que l’on trouve naturellement sous les feuilles mortes d’une forêt.

Cette décomposition demande trois choses : de la matière à manger, de l’eau, et de l’oxygène. Dès que l’un des trois manque ou déborde, le processus se dérègle. Un tas trop sec s’endort ; un tas tassé et détrempé bascule en fermentation sans air et sent mauvais. Presque tous les problèmes de compost se ramènent à ce trio, et se corrigent avec une fourche et un arrosoir, pas avec un produit.

Il faut aussi accepter la durée. Le compostage se compte en saisons, pas en semaines, surtout si les apports sont grossiers ou si l’hiver a été froid. Ce n’est pas un échec, c’est le rythme normal de la vie du sol.

L’équilibre entre matières vertes et matières brunes

C’est le point qui décide de tout. Les matières vertes sont humides et riches en azote : épluchures de légumes et de fruits, marc de café, restes de préparation végétaux, tontes de gazon fraîches, mauvaises herbes non montées en graines, fanes du potager. Elles apportent la nourriture rapide qui fait démarrer le tas et monter sa chaleur.

Cette vidéo illustre concrètement ce qui vient d'être expliqué :

RÉALISER SON COMPOST EN 5 MOIS - Déchets de cuisine, déchets végétaux, etc... — Le potager d'Olivier

Les matières brunes sont sèches et riches en carbone : feuilles mortes, paille, brindilles, broyat de branches, carton brun non imprimé, sciure de bois non traité, tiges sèches en fin de saison. Elles apportent la structure, laissent des poches d’air dans le tas et absorbent l’excès d’humidité.

Un compost qui ne reçoit que du vert devient une masse compacte et malodorante. Un compost qui ne reçoit que du brun reste inerte pendant très longtemps. La règle pratique tient en une image : chaque fois que vous déposez un seau de déchets humides de cuisine, recouvrez-le d’une bonne poignée de matière sèche. Beaucoup de jardiniers gardent pour cela un sac de feuilles mortes ramassées à l’automne à côté du composteur, et puisent dedans toute l’année. C’est probablement le geste le plus rentable de tout le compostage.

Une autre habitude aide beaucoup : réduire la taille des apports. Des épluchures coupées, des tiges cassées, des branches broyées se décomposent nettement plus vite, simplement parce que les micro-organismes attaquent par les surfaces.

Ce qu’on évite de mettre au compost

Un composteur domestique ne monte pas assez haut en température, ni assez longtemps, pour tout gérer. Certaines matières y créent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent.

  • La viande, le poisson, les os : ils attirent les rongeurs et les animaux de passage, et dégagent de fortes odeurs en se décomposant.
  • Les produits laitiers et les corps gras : fromages, sauces, huiles de friture. Ils forment des zones grasses que l’air ne traverse plus et qui tournent mal.
  • Les plantes visiblement malades : la chaleur d’un tas domestique ne garantit pas la destruction des agents pathogènes, et vous risquez de les redistribuer partout au jardin avec le compost.
  • Les litières d’animaux carnivores : chats, chiens, furets. Elles posent une question sanitaire réelle et n’ont pas leur place dans un compost destiné à un potager.
  • Les plantes envahissantes et les adventices montées en graines : liserons, chiendent, rumex, ou toute herbe déjà grainée. Elles ressortiront dans vos massifs.
  • Tout ce qui n’est pas organique : plastiques, sacs prétendument compostables dont on ignore la nature réelle, papiers glacés et encres colorées, bois traité ou peint.

Le reste — les végétaux du jardin, les épluchures, les restes végétaux de cuisine, le papier et le carton bruns — constitue une matière première largement suffisante.

Composteur, tas libre ou lombricomposteur

Le tas libre, posé à même le sol dans un coin discret, est la formule la plus simple et souvent la plus efficace : le contact direct avec la terre laisse remonter les vers et toute la faune décomposeuse. Il demande de la place et se dessèche plus vite sur les côtés. On l’installe volontiers à mi-ombre, pour éviter qu’il ne cuise en plein été.

Le composteur fermé, en bois ou en plastique recyclé, occupe peu de place, protège de la pluie battante et du soleil, et donne un aspect rangé. En contrepartie, il faut y surveiller l’humidité de plus près et le brassage y est moins commode. Deux bacs côte à côte facilitent la vie : on remplit l’un pendant que l’autre mûrit.

Le lombricomposteur est la solution pour un appartement ou un balcon. Des vers spécialisés, installés dans des bacs superposés, digèrent les déchets de cuisine à température ambiante. Il produit un lombricompost très fin et un liquide de percolation que l’on récupère par un robinet et que l’on dilue largement avant d’arroser. Il tolère mal les excès : trop d’apports d’un coup, trop d’agrumes, trop d’humidité, et la population de vers décroche. Bien conduit, il est inodore et discret.

Humidité, aération, brassage : la conduite du tas

L’humidité se juge à la main. Une poignée prise au cœur du tas doit avoir la consistance d’une éponge essorée : elle se tient, elle est fraîche au toucher, mais elle ne laisse pas couler d’eau quand on serre. Trop sec, le tas devient poussiéreux et l’activité s’arrête ; on l’arrose alors en profondeur, en plusieurs passages. Trop humide, il faut y incorporer de la matière brune sèche et le décompacter.

L’aération se joue à la construction : matières grossières, brindilles et tiges creuses laissent des chemins d’air. Le brassage complète cela. Retourner le tas — le déplacer d’un bac à l’autre, ou le remuer à la fourche en ramenant les bords vers le centre — relance l’activité. Plus on brasse, plus le compost est rapide et homogène ; moins on brasse, plus il faut de patience. Les deux approches fonctionnent : c’est un arbitrage entre effort et temps.

Quand le tas va mal, il le dit

Une odeur d’ammoniaque ou d’œuf pourri signale un excès de matières vertes et un manque d’air : ajoutez de la matière brune, aérez, décompactez. Un nuage de moucherons vient presque toujours de déchets de cuisine laissés à nu en surface : il suffit de les enfouir sous une couche de matière sèche. Un tas inerte, ni chaud ni odorant, qui ne bouge plus depuis des semaines, manque en général d’eau, d’azote ou des deux : arrosez et incorporez des apports verts frais. La présence de fourmis indique un tas trop sec. Des rongeurs révèlent presque toujours qu’un apport interdit s’y est glissé.

Reconnaître un compost mûr et l’utiliser

Un compost mûr est brun sombre, homogène, friable entre les doigts. On n’y reconnaît plus les apports d’origine, sauf quelques morceaux de bois qu’il suffit de tamiser pour les renvoyer dans le tas suivant. Il ne chauffe plus, ne dégage plus d’odeur de fermentation : il sent l’humus, la terre de forêt après la pluie.

Ce compost s’étale en surface, au pied des plantations, dans les massifs, au potager, sans qu’il soit nécessaire de l’enfouir : la vie du sol l’incorpore d’elle-même. On peut aussi le mélanger à de la terre pour rempoter, à condition qu’il soit bien mûr et tamisé. Un compost encore jeune reste utile en paillage au pied d’arbustes déjà installés, mais il vaut mieux éviter de le mettre en contact direct avec des semis et de jeunes racines.

Les autres engrais naturels du jardinier

Le compost mûr constitue la base. Autour de lui, quelques pratiques traditionnelles complètent la fertilisation sans jamais recourir à un produit de synthèse.

Les paillis organiques — feuilles mortes, tontes séchées, paille, broyat de branches, résidus de culture — jouent un double rôle. Ils protègent le sol, et en se décomposant lentement à sa surface, ils le nourrissent en continu. C’est le mode de fertilisation le plus proche de ce qui se passe naturellement en sous-bois.

Les purins végétaux, obtenus par macération de plantes courantes dans l’eau, appartiennent au patrimoine des jardiniers et sont utilisés depuis longtemps en arrosage très dilué. Ils relèvent d’un savoir-faire empirique qui se transmet de jardin en jardin, et leur préparation comme leur emploi supposent d’avoir été montrés par quelqu’un qui les pratique.

Les cendres de bois, issues uniquement de bois non traité et non peint, sont parfois répandues en très petite quantité. Elles demandent beaucoup de réserve : elles sont alcalinisantes, elles ne conviennent donc pas aux plantes de terre acide, et un apport trop généreux déséquilibre durablement un sol. Dans le doute, mieux vaut s’en passer.

Les engrais verts, enfin, sont des plantes semées sur une parcelle libre pour couvrir le sol, le structurer par leurs racines, capter les éléments qui partiraient au lessivage, puis restituer le tout en se décomposant sur place. Ils fertilisent en occupant le terrain, ce qui en fait l’un des gestes les plus élégants du potager.

Ce que les lecteurs demandent souvent

Faut-il un activateur de compost ?

Non. Un tas correctement équilibré entre vert et brun, humide et aéré, démarre seul. Ajouter une poignée de compost mûr ou de terre de jardin au moment de la mise en route suffit largement à y introduire la faune décomposeuse.

Peut-on composter en hiver ?

Oui, mais l’activité ralentit fortement avec le froid et peut sembler s’arrêter. Continuez à apporter vos déchets normalement : le tas repartira dès le retour des températures douces.

Mon compost attire-t-il forcément les rats ?

Un compost strictement végétal, sans viande, poisson ni produits laitiers, et dont les apports de cuisine sont recouverts de matière sèche, n’a pas d’intérêt particulier pour les rongeurs. Leur présence est presque toujours le signe d’un apport à retirer.

Peut-on composter quand on n’a pas de jardin ?

Le lombricomposteur en intérieur ou sur un balcon règle le cas des déchets de cuisine. Beaucoup de communes proposent également des composteurs partagés de quartier, qui acceptent les apports des habitants et redistribuent le compost produit.

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